Ginkgo biloba

Le ginkgo biloba ou «arbre aux quarante écus» ou «arbre aux mille écus» est l'unique espèce actuelle de la famille des ginkgoaceæ.



Catégories :

Statut IUCN En danger - Flore (nom vernaculaire) - Flore (nom scientifique) - Ginkgophyta - Arbre - Bonsaï - Plante médicinale - Phytothérapie - Arbre d'ornement - Arbre de la Chine

Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • Ginkgo biloba est un arbre qui peut atteindre entre 30 et 40 m de hauteur, au port élancé au cours du premier siècle de sa vie, puis s'élargissant ensuite.... (source : gardenbreizh)
  • Le Ginkgo Biloba est un arbre sacré dans de nombreuses sociétés orientales. En Inde, les feuilles de «l'arbre aux quarante écus» sont utilisées dans la... (source : alteraltitude)
  • Le Ginkgo biloba est le dernier survivant d'une famille d'arbres disparus, les ginkgoacées. C'est un fossile vivant de 150 millions d'années !... (source : dendrology.free)

Le ginkgo biloba ou «arbre aux quarante écus» ou «arbre aux mille écus» (?? yínxìng en chinois, maidenhair tree en anglais) est l'unique espèce actuelle de la famille des ginkgoaceæ. Mieux, il est l'unique espèce survivante de la division des ginkgophyta. On en connaît sept autres espèces désormais fossiles et le ginkgo est reconnu comme une forme panchronique. L'espèce est la plus ancienne espèce d'arbre connue dans la mesure où il serait apparu il y a plus de 270 Ma. Il est par conséquent apparu avant les dinosaures et a survécu à l'ensemble des bouleversements climatiques de notre planète.

Historique

Ginkgo biloba, lithographie de Philipp Franz von Siebold et Joseph Gerhard Zuccarini

Le ginkgo biloba est naturalisé dans le sud-est de la Chine. C'est une espèce cultivée, la version sauvage ayant presque totalement disparu[1]. De là, il arrive au Japon et en Corée aux alentours du XIIe siècle.

Engelbert Kæmpfer, médecin et botaniste allemand séjourna au Japon de 1690 à 1692 en mission pour la compagnie des Indes néerlandaises. Il fut le premier Européen à avoir fait une description de cet arbre dans son mémoire Amœnitatum exoticarum (publié en 1712).

Il rapporta des graines de ginkgo en Hollande et c'est dans le jardin botanique d'Utrecht que les premiers ginkgo européens furent plantés vers 1750.

Le premier pied de ginkgo biloba en France a été apporté par Auguste Broussonnet (1761-1807) qui l'avait reçu en présent de Sir Joseph Banks (1743-1820). Broussonnet le donna alors à Antoine Gouan (1733-1821) qui le planta dans le jardin botanique de Montpellier. Il fleurit pour la première fois le 12 avril 1812. En 1795, une bouture prise sur ce ginkgo de Montpellier est plantée au Jardin des plantes de Paris. Ces deux arbres sont toujours vivants à ce jour.

D'autre part, il s'agit du premier arbre à avoir repoussé dans la zone touchée par l'explosion de la bombe nucléaire à Hiroshima. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le ginkgo radiorésistant est le symbole même de la résistance et de la longévité.

Origine du nom

Le nom latin ginkgo vient de l'ancienne lecture japonaise ginkyō du mot chinois ??, notée ????? avec la notation rekishiteki kanazukai dans l'atlas botanique «Kinmôzui» de Nakamura Tekisai (1629 - 1702) [2].

En chinois moderne, ? se prononce yín et veut dire «argent», alors que ? se prononce xìng et veut dire «abricot». Le composé ?? se prononce alors yínxìng : «abricot d'argent».

En japonais moderne, ces caractères chinois se prononcent ginnan ????, en réservant le plus fréquemment cette prononciation pour parler du fruit, alors que l'arbre est appelé ichō (????). La forme du «Kinmôzui» de Nakamura Tekisai n'est plus usitée.

Carl von Linné a suivi la notation ginkgo faite par Engelbert Kæmpfer dans son ouvrage Amœnitates Exoticæ publié en 1712. Cette notation est aussi présente dans les notes manuscrites de Kæmpfer, ce qui exclut une erreur de typographie. Kæmpfer aurait dû écrire «ginkjo» ou «ginkio» avec un «j» ou un «i» pour être cohérent avec les autres mots japonais qu'il écrivait[2]. La romanisation Hepburn qui utilise un «y», et transcrit «ginkyō» l'ancienne lecture japonaise, ne fut découverte que bien plus tard, en 1887. L'utilisation de la lettre «g» par Kæmpfer demeure par conséquent inexpliquée.

Le mot biloba vient quant à lui de la forme caractéristique des feuilles, fendues en deux lobes.

Le nom d'«arbre aux quarante écus» vient du fait que le botaniste français M. de Pétigny a acquis, en 1788, 5 plants de ginkgo à un botaniste anglais pour la somme énorme de 200 livres, soit 40 écus d'or.

Le nom d'«arbre aux mille écus» est aussi expliqué par l'aspect de ses feuilles qui deviennent jaunes dorées à l'automne et forment comme un tapis d'or à ses pieds.

Description

Ginkgo biloba en automne.

Le ginkgo biloba est un prespermaphyte, embranchement précédant celui des plantes à graines, avec le suffixe en -spermes. En effet, le ginkgo biloba ne possède pas de graines, mais les plants femelles portent des ovules. Un ovule sera fécondé par le pollen d'un autre plant de ginkgo mâle, et germera immédiatement ; donnant naissance à un jeune pousse, au pied du plant mère.

Les ovules de ginkgo sont fréquemment appelés, à tort, graine ou fruit. Les graines et les fruits n'apparaissent qu'avec les gymnospermes (ou conifères). L'ovule de ginkgo germera dès que les conditions seront favorables, à la différence d'une graine ou on peut mettre la pousse du nouveau plant entre parenthèse en la conservant au sec.

Le Ginkgo est un arbre de taille moyenne, pouvant atteindre 20 à 35 m. Leur durée de vie est particulièrement importante, puisque certains spécimens sont connus pour avoir plus de 2 500 ans.

L'écorce des jeunes Ginkgo est en premier lieu lisse puis devient craquelée et fissurée avec le temps. Sa couleur fluctue du brun au gris.

Ses feuilles sont uniques parmi les plantes porteuses de graines, puisque constituées de deux lobes en forme de palmes. Elles n'ont pas de nervure centrale comme la quasi totalité des plantes modernes et atteignent de 5 à 15 cm de long.

L'ovule de couleur jaune-brun de 2 à 3 cm de diamètre qu'on prend le plus souvent pour un fruit. Avant l'automne, cet ovule est lisse et attirant mais toxique car il contient de l'acide butanoïque, il sent d'ailleurs le beurre rance, ou encore la vomissure à l'automne quand il commence à se rider.

Reproduction

Ovules et feuilles en automne.
Cônes polliniques mâles.

Le ginkgo est un arbre dioïque, c'est-à-dire que chaque arbre est soit mâle soit femelle. Sa reproduction particulièrement primitive est une étape entre la reproduction des fougères et celle des conifères et plantes à fleurs[3].

En effet, après avoir produit ses ovules, le ginkgo femelle reçoit du pollen que le ginkgo mâle produit en énorme quantité. Ce pollen arrive sur l'ovule, germe et est piégé par un liquide pollinique où il se transforme en deux spermatozoïdes qui nagent vers le gamète femelle, ce qui rappelle la fécondation archaïque de la fougère. La fécondation peut toujours s'effectuer même si l'ovule est tombé à terre. Une fois cette fécondation effectuée, la jeune plante se développe sans passer par le stade de la graine au sens botanique du terme.

La différence principale avec les conifères et plantes à fleurs se fait principalement au niveau de la production de l'ovule. Chez les conifères et plantes à fleurs, l'ovule est particulièrement petit et grossit une fois la plante fécondée en accumulant des réserves de nourriture pour le futur bébé (la graine). Chez le ginkgo, l'ovule est déjà plein de réserves nutritives même si ce dernier n'est pas fécondé et dans ce cas, elles auront été produites en pure perte. Une autre caractéristique du ginkgo est que l'ovule une fois fécondé n'a pas le pouvoir d'hibernation d'une graine et doit germer sans attendre.

À ce titre, on peut comparer l'ovule du ginkgo à un œuf de poule qui ne donnera un poussin que si la poule a été fécondée par le coq mais qui, dans le cas opposé aura été produit en pure perte.

La seule autre plante à ovules est le cycas.

Le sexe d'un arbre est complexe à déterminer avant la production des organes de reproduction (ovules ou pollen). En effet, seules les femelles produisent des ovules (et par conséquent des graines). La majorité des Ginkgo plantés en ville sont des mâles obtenus par bouturage pour être sûr qu'ils ne produiront pas de graines nauséabondes au milieu de l'hiver.

La plante arrive à maturité sexuelle entre 20 et 30 ans et sa durée de vie peut excéder 1 000 ans[1].

Autre caractéristique biologique

Le Ginkgo vit en symbiose avec une algue monocellulaire de type coccomyxa, endosymbiotique, découverte en 1992 et identifiée en 2000 dans la quasi-totalité des arbres et de ses tissus[1].

Culture

Le Ginkgo est peu strict pour la qualité du terrain. Il aime cependant les sols siliceux ou silico-argileux frais.

Les arbres sont faciles à obtenir par germination des graines [4].

Utilisation

Adopté en Juin 1989, le symbole officiel de Tōkyō est une feuille de Ginkgo biloba verte en forme de T pour Tōkyō. En signe de croissance, prospérité, charme et tranquillité.

Médecine

Le Ginkgo a de très nombreuses applications médicales (circulation capillaire, vasodilatateur, circulation veineuse, etc. ) [5] découvertes depuis plusieurs millénaires.

Riche en flavonoïdes, l'extrait de feuilles de ginkgo est un puissant antioxydant[6]. Son utilisation pharmaceutique a été proposée pour ses capacités vaso-dilatatrices ce qui permettrait de traiter les problèmes de mémoire, la sénilité, les problèmes de peau. Mais également pour les varices, hémorroïdes, jambes lourdes. Il est aussi utilisé dans la maladie d'Alzheimer malgré l'absence d'efficacité démontrée[7] [8].

Il permettrait aux personnes atteintes du Syndrome de Raynaud de supporter le froid[9].

Il contient aussi des terpènes, isolés en 1932 par Furakawa et nommés ginkgolides. Leur structure est identifiée dans les années 1960. Elias James Corey, prix Nobel de chimie, fait la synthèse de l'un d'eux, le ginkgolide B.

En 2008, une étude financée par le National Center for Complementary and Alternative Medicine et le National Institute on Aging, portant sur 3 069 patients pendant 6 ans et publiée dans le JAMA a démontré l'absence totale d'effet thérapeutique sur la maladie d'Alzheimer et les accidents cardio-vasculaires [1].

Alimentation

La «graine» de ginkgo entre dans la composition du chawanmushi japonais. Les «graines», identiques aux pistaches, sont une nourriture respectant les traditions en Chine, fréquemment servie aux mariages ; elles sont quelquefois aussi reconnues comme aphrodisiaques.

Ornement

On trouve des Ginkgo actuellement dans de nombreuses rues et parcs des grandes villes à cause de sa résistance à la pollution. L'arbre est cultivé intensivement (en particulier pour l'usage médicinal de ses feuilles) en Europe, au Japon, en Corée ainsi qu'aux États-Unis.

À cause de l'odeur rance particulièrement désagréable de sa graine, les ginkgos plantés ont plutôt tendance à être des arbres mâles.

Symbole

Manuscrit original de Gœthe.

La feuille de Ginkgo est le symbole de la ville de Tōkyō au Japon. L'arbre est souvent cité dans les romans japonais de l'époque Meiji et contemporains (moins que les cerisiers en fleurs et les érables de l'automne, cependant).

Le Ginkgo biloba est aussi l'arbre fétiche de la ville de Weimar (Allemagne) dans laquelle Gœthe résida.

«Dieses Baums Blatt, der von Osten

Meinem Garten anvertraut,
Giebt geheimen Sinn zu kosten,
Wie's den Wissenden erbaut,

Ist es Ein lebendig Wesen,
Das sich in sich selbst getrennt?
Sind es zwei, die sich erlesen,
Daß man sie als Eines kennt?

Solche Frage zu erwiedern,
Fand ich wohl den rechten Sinn,
Fühlst du nicht an meinen Liedern,

Daß ich Eins und doppelt bin?»

Traduction :

«La feuille de cet arbre, qui, de l'Orient,

Est confiée à mon jardin,
Offre un sens caché
Qui charme l'initié.
 
Est-ce un être vivant,
Qui s'est scindé en lui-même,
Sont-ils deux qui se choisissent,
Si quoiqu'on les prend pour un seul ?
 
Pour répondre à ces questions,
Je crois avoir la vraie manière :
Ne sens-tu pas, à mes chants,

Que je suis à la fois un et double ?»

— Johann Wolfgang von Gœthe, Le Divan oriental-occidental, Ginkgo biloba, (traduction de Henri Lichtenberger)

Le Ginkgo est aussi le symbole de la société de transport en commun éponyme de la ville de Besançon.

Voir aussi

Galerie de photos

Notes et références

  1. abc Jocelyne Trémouillaux-Guiller, «Ginkgo biloba : le rescapé et son algue», dans Pour la Science, no 364, février 2008, p.  76–81 [texte intégral] .
  2. ab Wolfgang Michel, «On Engelbert Kæmpfer's "Ginkgo"», 6. Dec 2005, http ://www. flc. kyushu-u. ac. jp/∼michel/serv/ek/amœnitates/ginkgo/ginkgo. html
  3. Le Ginkgo et les Cycas ont des spermatozoïdes à cils vibratiles, comme les fougères. Les conifères et les plantes à fleurs n'ont pas de spermatozoïdes à cils vibratiles. De même, le gamétophyte femelle du Ginkgo contient de la chlorophylle et effectue de la photosynthèse, comme celui des fougères, tandis que ce n'est pas le cas du gamétophyte femelle des conifères et des plantes à fleurs. http ://www. xs4all. nl/∼kwanten/franpropagation. htm
  4. Cultiver le Ginkgo biloba
  5. Listing de références sur le Ginkgo
  6. Pietri S, Maurelli E, Drieu K, Culcasi M, Cardioprotective and anti-oxidant effects of the terpenoid forments of Ginkgo biloba extract (EGb 761) , J Mol Cell Cardiol, 1997;29 :733-742
  7. Ginko et maladie d'Alzeimer. Entre placebo et efficacité particulièrement modeste. in Prescrire : Bien utiliser les plantes en situations de soins, numéro spécial été 2007, T. 27, n0 286
  8. DeKosky ST, Williamson JD, Fitzpatrick AL, Ginkgo biloba for prevention of dementia, a randomized controlled trial, JAMA, 2008;300 :2253-2262
  9. Le ginkgo sur eutraco. com

Liens externes

Recherche sur Amazon (livres) :



Ce texte est issu de l'encyclopédie Wikipedia. Vous pouvez consulter sa version originale dans cette encyclopédie à l'adresse http://fr.wikipedia.org/wiki/Ginkgo_biloba.
Voir la liste des contributeurs.
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/09/2009.
Ce texte est disponible sous les termes de la licence de documentation libre GNU (GFDL).
La liste des définitions proposées en tête de page est une sélection parmi les résultats obtenus à l'aide de la commande "define:" de Google.
Cette page fait partie du projet Wikibis.
Accueil Recherche Aller au contenuDébut page
ContactContact ImprimerImprimer liens d'évitement et raccourcis clavierAccessibilité
Aller au menu