Renouée bistorte

La renouée bistorte est une plante herbacée vivace de la famille des Polygonacées.



Catégories :

Flore (nom vernaculaire) - Polygonaceae - Plante médicinale - Phytothérapie - Plante mellifère

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La renouée bistorte (Bistorta officinalis) est une plante herbacée vivace de la famille des Polygonacées.

Biologie

De juin à octobre. Hémicryptophyte ou géophyte (rhizome).

Description

Hauteur de 20 à 80 cm. Tige simple. Feuilles glauques, simples et brusquement rétrécies à la base et décurrentes sur un long pétiole. Fleurs roses en épi unique terminant la tige et large de 1 à 3 cm.

Répartition

Europe et Asie tempérées et subartiques, Amérique du Nord orientale.

Différentes nomenclatures scientifiques

Persicaria bistorta (L. ), Bistorta officinalis Delarbre, Polygonum bistorta L.

Polygonum : du grec "polus" = énormément, et "gonu" = genou : tiges particulièrement noueuses; Bistorta : du latin "bistortus" = deux fois tordu (forme de la racine).

Appellations populaires en France : Feuillotte, Serpentaire rouge, Bistorte, Andresse, Couleuvrée, Langue de bœuf, Faux épinard

Biotopes

Prairies humides, fossés, bois clairs frais. Persiste à l'état stérile dans des lieux fortement ombragés. Hydrocline.
Commune en montagne, rare en plaine (très rare en dessous de 300 m), nulle en région méditerranéenne. Jusqu'à 2400 m d'altitude : de l'étage collinéen à l'étage alpin.

Alimentation

La plante est comestible.

  • Le rhizome a souvent été consommé cuit (ou cru, quoiqu'il soit fréquemment amer) en Russie, Sibérie et Alaska[1] : après l'avoir fait macéré, on le faisait cuire sous la braise[1]. Pour éliminer son amertume, il peut être indispensable de le cuire dans plusieurs eaux.
  • Comme pour la majorité des renouées, les jeunes pousses et feuilles sont aussi comestibles[1]. En vieillissant, elles deviennent amères, il conviendra par conséquent, comme pour le rhizome, de les faire bouillir à plusieurs eaux.

Emplois populaires

Différentes applications médicinales sont rapportées dans les traditions populaires :

  • Les feuilles écrasées ont été reconnues comme hémostatiques sur les blessures et sont censées être vulnéraire.
  • Le rhizome macéré et utilisé en bains de bouche a été préconisé contre les gingivites, les angines, les aphtes.
  • La poudre de racines prise par le nez a été utilisée pour arrêter les saignements.
  • Enfin on prépare aussi un vin particulièrement tonique à partir du rhizome[2].

Histoire

L'usage médicinal de la bistorte est ancien, comme l'atteste sa présence dans le Capitulaire De Villis [3] ordonnance émanant de Charlemagne qui réclame de la part de ses domaines de cultiver un certain nombre de plantes médicinales et condimentaires dont la "dragantea" identifiée aujourd'hui comme la bistorte renouée.

Les racines de bistorte étaient un des constituants du diascordium appartenant à la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle [4].


Recherche contemporaine

Les propriétés médicinales du rhizome de la bistorte font toujours l'objet de recherches. Des activités anti-inflammatoires ont été démontrées chez l'animal[5] et ont été associées au 5-glutinen-3-one et au friedelanol contenus dans le rhizome[6].

De nouveaux composés naturels comme le bistortaside [7] et des cycloartanes [8]. ont aussi été isolés à partir du rhizome.

Protection

Cette espèce bénéficie d'arrêtés de protection en France dans les régions Centre, Ile de France, Pays de la Loire[9] et Nord Pas de Calais.


Notes et références de l'article

  1. abc Couplan, François, Le Régal Végétal - Plantes sauvages comestibles, Équilibres, Flers, 1990, 453 p. (ISBN 287724024X)  
  2. Vin de bistorte : Faire macérer 100 g de racines coupées dans 25 cl d'alcool dédoublé pendant 24 h. Ajouter 1 l de vin rouge, remuer et filtrer
  3. Capitulare de villis vel curtis imperii
  4. Selon Maistral, in Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  5. Journal of pharmacy and pharmacology 1994, vol. 46, no4, pp. 286-290
  6. Planta Med. 1999 May;65 (4)  :371-4.
  7. J. Asian nat. prod. res. 2006, vol. 8, no4, pp. 299-302
  8. Phytochemistry 2005, vol. 66, no19, pp. 2304-2308
  9. Arrêté du 25 janvier 1993 relatif à la liste des espèces végétales protégées en région Pays-de-la-Loire

Voir aussi

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/09/2009.
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