Théier

Le théier, ou arbre à thé, ou tout simplement thé, est un arbuste originaire d'Extrême-Orient, de la famille des Théacées.



Catégories :

Flore (nom vernaculaire) - Theaceae - Thé

Définitions :

  • espèce (Thea sinensis) d'un genre (Thea) créé par Linné en le présumant différent du genre Camellia et comprenant plusieurs sous-espèces... (source : hortiauray)

Le théier, ou arbre à thé, ou tout simplement thé (Camellia sinensis), est un arbuste originaire d'Extrême-Orient, de la famille des Théacées. Il est beaucoup cultivé pour ses feuilles qui une fois séchées et plus ou moins oxydées, servent à la préparation par infusion du thé. C'est une espèce voisine du camélia horticole, Camellia japonica. Le terme Camellia sinensis veut dire mot à mot «camélia chinois».

Bref historique des appellations

D'après un texte daté de +350, le Huayang Guozhi ???? de Chang Qu, ce sont les montagnards du sud-ouest de l'actuelle Chine qui ont appris aux Chinois du nord, au premier millénaire avant notre ère, l'usage alimentaire des feuilles du théier sauvage. La culture du thé n'est pas chinoise à l'origine mais aurait commencé au pays de Shu ?, dans l'actuel Sichuan au IVe siècle av. notre ère, avant la conquête chinoise en -316[1]. Avant notre ère, les Chinois désignaient un certains nombre de plantes amères par le caractère ? (pinyin : ). Des termes plus spécifiques pour le thé n'apparurent que plus tard : ??? jiǎkǔtú (où ? kǔ veut dire «amer»), ?? kǔtú, ? chuǎn puis de ? míng etc. [2]. Il faut attendre la dynastie des Tang au VIIIe siècle pour que le caractère ? (pinyin : chá, sinogramme ayant un trait de moins que le précédent ? tu) s'impose progressivement sur l'ensemble des autres. La prononciation de ce caractère dans le dialecte Min Nan, parlé dans la région du port de Xiamen (Amoy), est à l'origine du terme français thé. Le terme chinois pour théier est ?? pinyin : cháshù (thé-arbre).

Le premier occidental a avoir décrit l'arbre à thé est un médecin allemand séjournant au Japon, Engelbert Kæmpfer qui donna à l'arbre le nom de Thea japonense en 1712. Quelques décennies plus tard, en 1753, le botaniste suédois Linné, le renomma Thea sinensis. Mais neuf ans plus tard, ignorant les procédés de fabrication gardés secrets par les Chinois, Linné crut bon de distinguer le thé vert Thea viridis et le thé noir Thea bohea[3]. Après avoir corrigé cette erreur et fusionné le genre Thea dans le genre Camellia (Sweet, Hort. Suburb. Lond.  : 157.1818), le terme de Camellia sinensis (L. ) O. Kuntze fut adopté, conformément à la nomenclature botanique mondiale[4].

Description

Le théier est un arbre à feuilles persistantes, pouvant atteindre de 10 m à 15 m, jusqu'à 20 m pour certaines variétés. Sa hauteur est limitée par la taille en culture. Il existe des théiers sauvages plusieurs fois centenaires faisant plus de 30 m. Le théier le plus vieux du monde (1800 ans) se situe à Pu'er dans la province du Yunnan en Chine.

Les feuilles alternes, persistantes, ont une forme allongée, elliptique longues de 4 à 15 cm, sur 2 à 7 cm de large. Elles sont brillantes, vert foncé, assez coriaces, avec une texture assez épaisse. Le pétiole est court, de 4 à 10 mm. La base est cunée, l'apex est aigu à acuminé, et les marges sont sciées.

Les fleurs du théier sont blanches à jaune clair, et mesurent entre 2, 5 et 4 cm de diamètre. Solitaires ou en petits groupes de 3 à 4, elles comptent cinq sépales persistants, cinq pétales, quelquefois plus jusqu'à 7 ou 8, de couleur jaune clair ou blanc-crème, et de très nombreuses étamines jaunes fréquemment soudées entre elles. L'ovaire est triloculaire.

Les fruits sont des capsules à déhiscence loculicide de 1, 5-3 cm de diamètre à peu près. Les graines peuvent être pressées pour donner une huile.

Les différentes sortes de thé sont obtenues à partir de cette seule espèce. En traitant différemment les feuilles de thé, on obtient du thé vert, blanc, noir etc. (voir l'article thé (boisson) pour plus de précisions sur la fabrication du thé).

On peut distinguer plusieurs formes de cette espèce :

Variétés

Il existe une grande variété de théiers obtenus par clonage, multiplication à partir d'une graine, etc. Les trois principaux types de théier sont :

Camellia sinensis var assamica
il peut atteindre plus de 15 m à l'état sauvage. Feuilles brillantes, claires, souples et grandes (jusqu'à 20 cm) à texture assez épaisse. Le théier type assamica et ses hybrides sont présentes dans des régions connaissant de fortes pluies (la mousson) telles les plantations de plaine. Il fut «découvert» en 1823 en par le Major Robert Bruce en Assam et ensuite cultivé dans toute l'Inde et au Sri Lanka par les compagnies britanniques. La majorité du thé produit dans le monde provient de cette variété.
Camellia sinensis var sinensis
à l'état sauvage sa taille avoisine moins de 5 m. Les feuilles sont petites (de 3 à 10 cm), rigides et mates. Le théier type chinois et ses hybrides sont cultivés dans des régions pouvant subir des températures basses (Japon, Chine, Géorgie, Iran, Turquie) mais aussi dans les plantations de haute altitude. Il est robuste et a une relative bonne résistance à la sécheresse. C'est la plus ancienne espèce de théier connue et cultivée. Elle donne des thés parmi les plus recherchés. Certains plants toujours cultivés auraient plus de mille ans.
Camellia sinensis var cambodiensis
de 6 à 10 m, à feuilles brillantes, et jaune vert quand elles sont jeunes. La taille est intermédiaire entre le sinensis et l'assamica. Cette variété n'est pas cultivée[5].

Il existe en outre de nombreux hybrides cultivés (ou cultivars). En Chine, on compte officiellement 95 cultivars.

Distribution et habitat

Le Camellia sinensis se rencontre à l'état sauvage dans la zone montagneuse englobant le sud-ouest de la Chine, le nord de la Thaïlande, du Laos et de l'Assam, de sud-est de la Birmanie.

Elle est beaucoup cultivée en zones tempérées chaudes ou tropicales, essentiellement en Chine, en Inde, au Sri-Lanka (Ceylan) , au Japon, ainsi qu'au Kenya, en Turquie, en Indonésie, etc.

Utilisation

Article détaillé : Thé.

Certaines variétés, appréciables pour la qualité de leur feuillage et leur floraison, sont cultivées comme plantes ornementales, à l'instar du camélia du Japon.

Pharmacopée

Les feuilles de théier, quand elles sont non fermentées, sont utilisées en phytothérapie pour soigner l'embonpoint, la fatigue ou la rétention d'eau. Les constituants du thé stimulent la sécrétion d'adrénaline et en augmentent sa durée d'action, facilitent par conséquent la lipolyse (libération et l'élimination des graisses du tissus adipeux). Comme cette action se complète d'une limitation de l'absorption des calories au niveau intestinal, par les tanins, la prescription se trouve justifiée pour la surcharge pondérale.

Liens extérieurs

Références

  1. (en) David Keighley (ed. ), The origins of Chinese civilization, University of California Press, Berkeley, 1983.
    Li Hui-li «The domestication of plants in China : ecological considerations» p. 21-63
     
  2. voir l'article Thé chinois
  3. Georges Métailié, Françoise Saban (ed. ), Manger en Chine, Alimentarium, Vevey, 1997 
  4. Tela-botanica
  5. François-Xavier Delmas, Mathias Minet, Christine Barbaste, Le guide de dégustation de l'amateur de thé, Edition du Chêne, 2007 

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 11/09/2009.
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