Volet médicinal de Thymus vulgaris

Le Thym commun est une plante médicinale majeure de la pharmacopée méditerranéenne, qu'elle soit ancienne ou moderne. Ce sont principalement ses feuilles qui sont utilisées en phytothérapie.



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Le Thym commun (Thymus vulgaris) est une plante médicinale majeure de la pharmacopée méditerranéenne, qu'elle soit ancienne ou moderne. Ce sont principalement ses feuilles qui sont utilisées en phytothérapie. Cette plante peut être consommée sous forme d'infusion, de teinture ou d'alcoolature, elle est aussi reprise par bon nombre de médications allopathiques[1] pour soulager le dispositif respiratoire. L'utilisation de l'huile principale extraite des feuilles est aussi fort reconnue, elle est d'ailleurs l'exemple parfait pour introduire la notion de chémotype, qui part sa grande diversité, démontrera la variabilité de ses composantes et propriétés. Généralement, c'est un anti-infectieux à large spectre[2], un stimulant immunitaire (en association) [3] et circulatoire, un expectorant et un digestif.

feuilles fraiches
feuilles sèches

Appellations médicales

Le thym commun est une espèce dont les composantes chimiques du métabolite secondaire fluctuent selon le climat et l'environnement. Cette variabilité a par conséquent conduit les pharmaciens à donner un nom scientifique à chaque chémotype, annoté de manière à connaître les principaux constituants, qui eux auront des propriétés définies :

Les différents chémotypes du Thymus vulgaris[2]
Nom scientifique Nom courant
Thymus vulgaris L. thymoliferum thym à thymol
Thymus vulgaris L carvacroliferum
Thymus vulgaris L. geranioliferum thym à géraniol
Thymus vulgaris L. linaloliferum thym à linalol
Thymus vulgaris L. paracymeniferum
Thymus vulgaris L. thajanoliferum
Thymus vulgaris L. terpineoliferum


Dans les herboristeries, d'autres espèces du genre Thymus se retrouvent à proximité de Thymus vulgaris.

Les chémotypes des huiles principales et leurs biotopes [4]

Deux études ont été conduites en France dans les années 1980 concernant le type d'habitat pour les chémotypes du thymus vulgaris, et le type de facteur sur une surface restreinte.

Étude sur la totalité du territoire français

le type thymol
Répandu dans toute l'aire du thym. C'est le thym qui bénéficie d'une plus large diffusion géographique mais ne forme qu'exceptionnellement des populations homogènes (Rivesaltes dans la plaine du Roussillon). Il représente le thym classique des basses garrigues sèches et ensoleillées.
On le retrouve par conséquent dans l'ensemble des types de sols où le thym peut évoluer, des sols extrêmement chauds et secs aux sols plus humides. Si cette spécificité thymol est plus commune, elle est fréquemment associée à d'autres thyms, le type thuyanol-4 – terpinéol-4, mais également le type linalol.
le type carvacrol
Répandu dans toute l'aire du thym. C'est avec ce type de thym qu'on peut affirmer que c'est le facteur lumière et chaleur qui influencent le chémotype. En effet il semble absent des zones les plus fraîche de la méditerranée, et est fréquemment associée à Pistacia lentiscus L. Pourtant, des populations de type carvacrol prospèrent jusqu'à 1400 mètres d'altitude sur le flanc sud du Mont Ventoux, mais ces stations sont abrités du mistral et soumis à une insolation spécifiquement forte. Il apparait que c'est ce chémotype qui s'adapte le plus aisément dans des conditions d'extrême sécheresse, sur des grandes étendues des populations particulièrement denses et exclusives des autres types. Ces zones extrêmement sèches sont géographiquement limitées : versant sud du Pic Saint-Loup dans les environs de Montpellier, versant sud du Mont Ventoux, départements du Vaucluse et du Var.
le type linalol
Répandu dans toute l'aire du thym. Ce type peut former des populations homogènes dans des stations d'étendue restreinte : la Fage dans le sud des Cévennes, Val-Saint-Donnat dans les Basses-Alpes, Mont Agel dans les Alpes méridionales et sur les hauteurs dominant Toulon. Il est représenté surtout dans ces territoires, où il est alors associé avec le type alpha-terpinéol. Dans tout ces cas, l'habitat est localisé en moyenne altitude, entre 500 et 1000 mètres et caractérisé par un ensoleillement moins intense et une température plus faible, et un degré hygrométrique (humidité de l'air) plus élevé que dans la plaine. Cependant, ce type peut végéter dans des conditions écologiques bien différentes, en altitudes plus basses en association avec les types thuyanol-4 (– terpinéol-4) ou phénoliques, mais se retrouve en minorité dans ce type d'habitat.
le type thuyanol-4 (- terpinéol-4)
Moins abondant et plus situé, il est principalement présent dans le massif des Corbières, dans le plateau du Larzac et dans la Provence rhodanienne, son aire couvre aussi dans les plaines du Roussillon et de Provence, les garrigues hautes de l'Hérault et du Gard et la moyenne corniche d'Azur. Le comportement chimique de ce type se situe à la frontière entre les types linalol, alpha-terpinéol et géraniol, et les types phénoliques ; assurant aussi la transition écologique entre ces extrêmes. Il est par conséquent par conséquent associé à l'ensemble des types de thyms soit en basse ou hautes altitudes. A titre d'exemple, on les retrouve sur des sols plus ou moins humides et associé au Linalol.
le type alpha-terpinéol
On le retrouve dans peu de stations : partout dans la partie ouest des Corbières, sur le plateau du Larzac et les contreforts sud des Cévennes. Il semblerait par conséquent qu'il soit lié aux mêmes facteurs climatiques que ceux qui facilitent la diffusion du type linalol où ce dernier sera énormément plus commun comme nombre que de répartitions géographiques
Son association avec le type thuyanol-4 – terpinéol-4 est particulièrement restreinte et elle est quasiment nulle avec les types phénoliques qui se plaisent dans des conditions extrêmement sèche.
le type géraniol
Répandu que dans une seule station (sur 150 stations) localisée sur le versant Nord de la montagne d'Albion (Basses-Alpes), localisée à près de 1000 mètres d'altitude et soumise à un climat rude. C'est l'unique à compter un certains nombre d'individus de ce type. La comparaison de représentation de types dans cette station est de : 10 pour le linalol, 2 pour le géraniol et de 1 pour l'alpha-terpinéol.
le type cinéol 
Inconnu en France, il est présent en Espagne.
Les types y-terpinène et p-cymène  
sont deux précurseurs de la biosynthèse végétale du carvacrol et du thymol.

Étude sur un territoire restreint

L'étude a été conduite sur un rectangle de 10 km sur 8 km sur la région de Saint-Martin-de-Londres dans l'objectif de préciser les contraintes du milieu exercées sur la constitution chémotype des populations et d'essayer d'en comprendre la nature.

La zone d'étude, localisée à 25 km au Nord de Montpellier et présentant en son centre la cuvette de Saint Martin-de-Londres a été choisie à cause de sa forte densité écologique, à cause de la forte concentration de thym, en raison du fait que la majorité des chémotypes étaient présents sur cette petite zone et que leur distribution en paraissait pas particulièrement aléatoire. Il apparaît aussi que la caractérisation des milieux à une signification écologique plus précise si elle est fondée sur l'association des deux chémotypes les plus abondants, que sur la présence d'un seul chémotype présent ou plus abondant.

Dans les conditions de cette étude, l'humidité semble être le facteur écologique qui contrôle la distribution des chémotypes ; tandis que le type de sol et l'altitude n'interviendraient qu'indirectement sur cette distribution en faisant fluctuer l'humidité.

Par contre la répartition des peuplements à thymol et carvacrol semblent eux, être liée au facteur thermique. On a remarqué que les peuplements à carvacrol étaient plus sensibles au froid, ce peuplement fut en effet absent dans les zones plus fraîche tout comme Pistacia lentiscus L, espèce sensible au froid et étudié par les phyto-écologues.

Les groupements Thymol et carvacrol : Ils sont installés sur des sols rouges, argileux, plus ou moins caillouteux et peu profonds ; et sont physiologiquement les plus secs de la région.

Les groupements Alfa-terpinéol et linalol : Eux par contre occupent des sols profonds, et sont les sols les plus humides que le thym puisse occuper.

Les groupements Thymol et Linalol : On les rencontre souvent sur des sols calcaires peu profonds mais moins argileux que les sols du Thymol et Carvacrol. Ils libèrent plus aisément de l'eau qu'ils recèlent et sont en moyenne aussi plus humides.

Les groupements thuyanol et linalol : Ils occupent souvent aussi des sols un peu humides (moins que Alfa-terpinéol / linalol et plus que Linalol/Thymol).

Remarques sur ces études

Partie utilisée en phytothérapie : les feuilles

On utilise les feuilles le plus fréquemment séchées, dont on extrait aussi l'huile principale.

Analyse macroscopique de la partie employée[1]

Les feuilles sont lancéolées à ovoïdes, entières dont la base est à bord involutés, d'une longueur de 4 à 12 mm sur 3 mm de large au maximum. Sessiles ou brièvement pétiolées, leur face supérieure est verte ; la face inférieure est recouverte d'un duvet gris et porte de nombreux poils sécréteurs dans des dépressions.

Le limbe est coriace, entier, la nervure médiane, déprimée à la face adaxiale, est proéminente à la face abaxiale.

Les calices verts, possèdent une faible pubescence avec à leur base des poils hérissés blancs Les petits poils ciliés à la base du pétiole court sont absents. Après floraison, leur tube s'obture par une couronne de poils longs et raides.

La corolle, fréquemment brunâtre à l'état desséché, est faiblement bilabiée.

Analyse microscopique de la partie employée[1]

Les épidermes des feuilles montrent des cellules à parois ponctuées anticlinales sinueuses, garni sur ses deux faces de stomates, de poils et de glandes.

Les poils tecteurs, verruqueux, de plusieurs types (unicellulaires, dressé ou un peu incurvés, bi- ou tricellulaires, articulés, le plus fréquemment coudés) sur la face inférieure (absent chez T. zygis) sont , pour les petits poils, assez nombreux et leur confluence contribue à donner aux feuilles de Thym leur couleur grise.

Les Nervures sont chargées des mêmes poils que ceux du limbe. Quant aux cellules de l'épiderme, elles sont allongées dans le sens longitudinal et offrent des parois faiblement épaissies mais ponctuée. Dans l'intérieur de la nervure existe un cordon libéro-ligneux composé à sa partie inférieur d'un arc de liber dont l'ensemble des éléments présentent une membrane constituées chimiquement par de la cellulose. Au-dessus du liber siège un arc ligneux constitué de plusieurs bandes parallèles de vaisseaux ponctués, spiraux, et de trachées. Ce cordon est enveloppé par du parenchyme dont les éléments sont plus nombreux et plus gros à la face inférieure qu'à la face supérieure de la nervure. Ils sont incolores, laissent entre eux de petits méats et ont la forme de cylindres ou de prismes courts à base polygonale. Ce tissu touche à sa périphérie quelques couches de collenchyme qui est en contact avec l'épiderme.

Les glandes sont tantôt unicellulaires ; arrondies et supportées par un pédicelle court, tantôt octocellulaires, sessile et logées dans les dépressions épidermiques.

Analyse de la poudre[1]

Comme auparavant, les glandes comprennent une cuticule et l'épiderme, des stomates. On observe que les poils de forme triangulaire sur la face supérieure de la feuille contiennent fréquemment de fines aiguilles d'oxalate de calcium. Les trichomes sont soit glandulaires soit coniques. Il est envisageable d'apercevoir quelques grains de pollen, sphériques et lisses, à 6 pores germinatifs en fente, mesurant 35 um de diamètre. L'identification par chromatographie est envisageable.

Composition chimique[1]

Huiles principales (1, 0-2, 5 %)

Autres constituants

Méthode d'extraction de l'huile principale

L'extraction s'effectue par hydrodistillation (entraînement à la vapeur d'eau) dans des alambics chauffés à feu nu. La durée de distillation est de 5 à 8 heures, mais de 1 à 2 heures selon le chémotype[2]. On constate tout de même une meilleure qualité d'huile pour un temps de distillation élevée. Le rendement moyen est de 1, 1% (0, 5% à 2%) selon certaines sources, mais de 1, 5 à 2, 5 % pour d'autres sources [2]. Le rendement moyen du Thymus satureoides est de 0, 7% selon certaines sources et de 6 à 8 %[2] pour d'autres ; celui du Thymus vulgaris au linalol serait de 0, 075 à 0, 1 % selon certaines sources mais de 0, 75 à 1 % pour d'autres[2], et celui au thujanol serait de 1 à 1, 5[2].

Analyse de l'huile principale

  • Densité : 0, 910 à 0, 935
  • Indice de réfraction n 20/D : 1, 495 à 1, 505; 1, 491 à 1, 510 pour d'autres sources.
  • Pouvoir rotatoire a20/D : le plus fréquemment impossible à mesurer, un peu lévogyre, -3° à 0 °, -5 ° à 0° pour d'autres sources.
  • Solubilité dans l'éthanol dilué (% en volume)  : 2 vol. éthanol 80%
  • Sa couleur habituellement allant du brun au brun-rouge. Cette couleur viendrait du cuivre dont l'huile principale, au cours de la distillation s'imprégnerait.
  • Odeur caractéristique aromatique, phénolique (thymol) avec un fond un peu épicé. Mais toujours une fois l'odeur peut fluctuer avec le chémotype. Le Thym linalol est lui plus doux, rappelant un peu la lavande.

Vu la diversité des chémotypes d'huile principale, la chromatographie sert à dresser une carte d'identité de l'huile principale prélevée. Ce procédé est une méthode physique qui sert à séparer des molécules qui se transforment d'un état à un autre dans des conditions différentes.

Examen organologique : Le thym possède une odeur aromatique intense et caractéristique (rappelant le thymol). La saveur est aromatique, et un peu âpre. Le thym linalol à une odeur énormément plus douce que le thym à phénols.

Composition chimique et réactions physico-chimiques d'identification

Comme le prouve le chromatographe, les différentes huiles principales ont des réactions de transformation à des températures différentes :

  • Le thymol ou acide thymique (C10H14O), se présente en gros cristaux hexagonaux, transparents, de saveur poivrée et piquante, d'odeur peu différente de celle du thym, il fond à 44° et bout à 230°. Sa solubilité dans l'eau ne dépasse guère 1 pour 1000, il est particulièrement soluble dans l'alcool.
  • Le thymène C10H16 est liquide, incolore, d'une odeur douce de thym, sa densité est de 0.868, il bout entre 160° et 165°.
  • Le cymène C10H14, est huileux, incolore, indélébile à l'air, d'une odeur agréable de citron ; il est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.

L'huile principale, à cause des chémotypes variés du thym, contient des composés chimiques différents :

  • thym à géraniol : géraniol (monoterpénols) 20, 16 %, acétate de géranyle (ester) 49, 43 %, 5 % de beta caryophyllene, 4, 24 % acétate terminique, 3, 63 % de linalol.
  • thym à linalol : 60 à 80% de linalol, terpinène-1-ol-4 (tous deux des monoterpénols), acétate de linalyle (ester), ainsi qu'un faible pourcentage de monoterpène.
  • thym paracymène  : surtout du paracymène, y-terpinène (tous deux des monoterpènes), ainsi qu'une faible quantité de thymol (phénols terpénique).
  • thym à thujanol-4  : 50% de monoterpénols  : (+) -trans-thujanol-4, (+) -terpinène-I-ol-4, cis-myrcènol-8, (-) -linalol ; mais aussi des monoterpènes : myrcène, y-terpinène.

Confusions, falsifications et substitutions

Articles détaillés : Thymus serpyllum et Thymus x citriodorus.

Vu le grand nombre d'espèces différentes, c'est par conséquent par la couleur des fleurs, la forme des feuilles, l'odeur, et en particulier l'analyse de l'huile principale qu'on peut les différencier.

  • Le Thymus serpyllum (serpolet) peut prêter à confusion, il possède lui des feuilles planes, ovales obtuses, ciliées à la base qui changent par conséquent du thym commun (feuilles petites presque sessiles, à bord enroulés ovales ou linéaires, non ciliés). Ses propriétés sont moindres mais est toujours utilisé dans les campagnes.
  • Le Thymus zygis (thym d'Espagne) posséderait les mêmes propriétés que le thym vulgaire et pourrait par conséquent le remplacer. Les feuilles sont ici sessiles, linéaires, lancéolées à aciculaires, involutées sur le bord, d'une longueur de 1, 7 mm à 6, 5 mm et d'une largeur de 0, 4 à 1, 2 mm. Aux deux faces vertes à gris-vert et pubescente, portant à leur base de longs poils ciliés pouvant atteindre 1mm de long.
  • Le Thymus x citriodorus (thym citron) est une variété de thym utilisée en cuisine surtout pour parfumer et relever les plats. Elle est issue du croisement entre le Thymus pulegioides et du Thymus vulgaris.

[1]Il n'existe par conséquent pas de falsification à proprement parlé. Néanmoins, il paraît indispensable de ne pas confondre les différentes huiles principales aux propriétés différentes.

Propriétés et indications générales de la plante (feuille)

Médecine moderne

Propriétés Indications Constituants responsables
Expectorant et spasmolytique bronchique Symptômes de la bronchite aiguë et de la coqueluche. Inflammation et d'infections des voies respiratoires supérieures (toux, grippe, bronchite, asthme, angine …)
Antiseptique, antibactérienne et antifongique (+antalgique)
Spasmolytique léger - Comme adjuvant dans la gastrite chronique, mais aussi dans les problèmes digestifs. (Les digestions pénibles, les fermentations intestinales, le manque d'appétit)
Contre les douleurs de la goutte et des rhumatismes, en friction ou compresse flavonoïdes complémentaire à l'huile principale
Immunostimulant En association avec d'autres essences de terrain adjuvant

Médecine populaire

Propriétés Indications
en cas de troubles digestifs
vermifuge et vermicide agissant sur la musculature et le dispositif nerveux central du ver, lui provoquant alors une excitation passagère suivie de paralysie qui permet l'expulsion du parasite
Diurétique léger et désinfectant Les troubles hépatiques, les troubles des règles et les infections des voies urinaires
Tonique générale En cas d'anémie et dans les cas d'asthénie, comme additif dans un bain tonique, ou un bain stimulant des fonctions cutanées des convalescents et rhumatisants. En cas de faiblesse cardiaque, de fatigue physique ou intellectuelle, d'angoisses. Faciliter le sommeil.
Tonique capillaire retardant le blanchiment des cheveux
Désodorisant en bain de bouche ou de pieds

Médecine indienne

En médecine indienne, le thym est aussi utilisé comme :

  • antibiotique
  • antirhumatismal
  • emménagogue
  • sédatif
  • stimulant mental (La sorte de Thym riche en thujanol -Thymus Vulgaris, thujanoliferum- stimule le cerveau gauche, c'est-à-dire le conscient et l'effort intellectuel, en relation avec le chakra 6).

Formes d'utilisation et mode d'emploi en phytothérapie

En phytothérapie on utilise le thym en infusion, en extrait fluide, en Teinture, en Alcoolature, en cataplasme, en bain, en lotion pour le cuir chevelu, en huile, mais également en mélange avec d'autres plantes à activité expectorante dans de nombreux médicaments pris par voie interne autant qu'externe, renfermant de l'huile principale de thym (sirops, gouttes, pommades, préparations pour inhalation, bains et frictions).

Propriétés supposées des différents chémotypes d'huiles principales [2]

D'après certains aromathérapeutes les huiles principales de thym pourraient soigner ou prévenir de nombreuses affection[2] :

Thym à thymol Il est réputé pour son action anti-infectieuse à large spectre et aurait aussi des actions Antalgique, sédative, hypotensive, Phlébotonique, Antileucémique et Hormon-like

Thym à géraniol qui lui aussi a une action antimicrobienne, antibactérienne, antifongique mais également tonique (utérotonique, neurotonique, cardiotonique)

Thym au linalol dont l'utilisation est préférée chez l'enfant à celle du thym à thymol.

Thym au paracymène à action percutanée antalgique et anti-infectieuse.

Thym au thujanol -4 bactéricide, anti-infectieux, viricide qui aurait aussi des actions Immunostimulante (aug. IgA), Neurotonique, équilibrante (SNC, bulbe rachidien, cervelet, Hormon-like et antidiabétique-Franchomme P., Penœl D. O.  ; L'aromathérapie précisément, Roger Jollois Edition, collaboration et rédaction 1995 -


Thym à cinéol à action anti-infectieuse, antibactérienne, antiseptique, anticatarrhale, expectorante, décongestionnante bronchopulmonaire

Thym à bornéol anti-infectieux et tonique

Thym serpolet antiseptique, anti-infectieux, antibactérien, antiviral, antalgique et tonique

Thym citriodorus anti infectieux intestinal

Méthode d'utilisation et mode d'emploi en aromathérapie

Etant donné la différence des composantes chimiques des différents chémotypes, il convient de toujours bien vérifier quelle huile principale est d'usage. La dermocausticité des huiles à phénols est démontrée, et ces huiles doivent impérativement être diluée dans une huile végétale (noisette, amande douce, olive) et conseillée. Les autres huiles principales devront tout de même être utilisée en dilution. Il est préférable de toujours se référer à un spécialiste, en particulier pour l'emploi chez l'enfant.

Leur mode d'emploi est soit en usage externe en friction, massage, bain, Crème ou onguent, ou en diffusion en association avec d'autres huiles, soit en usage interne "per os" (à avaler), par inhalation, en Gargarisme, dans la composition d'un dentifrice.

Diététique

L'ajout de fines herbes de façon régulière et significative aux aliments sert à contribuer, ne serait-ce que de façon minime, à l'apport en antioxydants de l'alimentation sans pour tout autant répondre à elles seules aux besoins en antioxydant du corps[5].

Le thym déshydraté contient du fer de la vitamine K du calcium et du manganèse[5].

Le thym fraisest une source de vitamine C [5].

Apport nutritionnel[6]
Thym frais Thym déshydraté
Poids/Volume 15 ml/2g 15ml/3g
Calories 2 8
Protéine 0, 1g 0, 3g
Glucide 0, 6g 1, 8g
Lipide 0g 0, 2g
Fibre alimentaire 0, 3g 1, 0g

Contre-indication & effets secondaire

Généralement, le thym et ses préparations ne sont pas dangereuses, et particulièrement rarement allergènes. Mais il est conseillé de l'éviter en cas d'allergie aux plantes de la famille des labiées [1] (Menthe). Les personnes sensibles au pollen de bouleau ou au cèleri pourraient souffrir de sensibilité croisée avec le thym. Néanmoins, le thymol lui-même administré par voie interne peut provoquer à doses thérapeutiques (0, 3-0, 6 g, maximum 1 g) des maux de ventres, ou alors un léger collapsus. A dose élevée (0, 5-3 g d'extrait, soit 4, 5-26 g de feuilles), l'extrait de thym diminuerait un peu la locomotion. A dose trop élevée (15ml) l'huile principale pourrait être mortelle chez l'adulte. Il est fortement recommandé de bien connaitre le chémotype utilisé principalent sous forme d'huile principale, car certains chémotypes à phénols sont dermocaustiques par conséquent fortement irritants sur les muqueuses.

Il n'y aurait pas d'interaction médicamenteuse. Néanmoins, Le thym contient des quantités non négligeables de vitamine K. Cette vitamine, indispensable entre autres à la coagulation du sang, peut être fabriquée par l'organisme en plus de se trouver dans certains aliments. Les personnes utilisant des médicaments anticoagulants, par exemple ceux mis en marché sous les appellations Coumadin®, Warfilone® et Sintrom®, doivent adopter une alimentation dans laquelle le contenu en vitamine K est assez stable d'un jour à l'autre. Les fines herbes, dont le thym, contiennent de la vitamine K et doivent par conséquent être utilisées comme assaisonnement uniquement. Il est conseillé aux personnes sous anticoagulothérapie de consulter une diététiste-nutritionniste ou un médecin pour connaitre les sources alimentaires de vitamine K et de s'assurer d'un apport quotidien le plus stable envisageable.

L'usage du thymol par voie interne est contre-indiqué en cas d'entérocolite, d'insuffisance cardiaque et durant la grossesse. Une étude in vivo indique que le thym pourrait avoir une action œstrogénique ou progestative. Cette action pourrait, théoriquement, s'ajouter à celle d'autres plantes aux effets identiques (soya, trèfle rouge, etc. ) ainsi qu'à celle d'une hormonothérapie de substitution. Théoriquement, le thym pourrait diminuer l'impact d'une thérapie de substitution des hormones thyroïdiennes ou exacerber l'effet des médicaments antithyroïdiens.

Action physiologique

  • L'extrait éthanolique à 95% de la plante entière, administré par entubation gastrique à des rats, à la dose de 500 mg/kg a montré une activité antipyrétique sur la symptomatologie de fièvre induite par de la levure de bière ; mais ni cet extrait ni la fraction saponifiable de la plante entière, administrée par voie intrapéritonéale chez des souris mâles, à la dose de 0, 5 ml/animal, n'ont produit de stimulation de la phagocytose.
  • L'extrait éthanolique à 30% de feuille et de fleur a antagonisé, in vivo, le spasme expérimentalement induit sur l'iléon isolé d'un cobaye.
  • L'extrait à 30% de feuille se montre antitussif chez le chat, administré par voie orale à la dose de 1 ml/kg, et expectorant à la dose de 0, 25 ml/kg.
  • L'extrait éthérée de feuille, administré par voie intrapéritonéale à des souris, s'est montré inactif pour traiter une symptomatologie d'intoxication génèrée expérimentalement par de la strychnine, mais il a potentialisé l'activité des barbituriques, administré à la dose de 200 mg/kg.
  • L'extrait éthanolique à 40% de parties aériennes séchées, administré par voie orale, à des lapines ainsi qu'à des femelles de rat en gestation, à la dose de 1, 6 ml/kg n'est pas embryotoxique ni tératogénique sur la descendance des lapines en gestation ni un inhibiteur de l'ovulation ni de la fertilisation chez des femelles de rat sexuellement actives. L'étude a aussi été portée sur l'administration de cette dose pendant 13 semaines sur des rats des deux sexes, n'occasionnant aucun dégât ou dysfonctionnement chez l'animal, qui a ensuite été sacrifié dans l'objectif d'étudier ses organes, qui eux aussi furent intacts.
  • Des chercheurs ont remarqué qu'un extrait de thym, contenant du thymol, empêchait l'agrégation des plaquettes in vitro. Cet effet a aussi été observé in vivo chez des souris à qui des chercheurs ont administré des extraits de thym. Rappelons que l'agrégation des plaquettes est une réaction importante pour arrêter le saignement, mais qu'une agrégation excessive peut causer des thromboses et de l'artériosclérose.
  • Dans une autre étude in vitro, il a été démontré que des extraits de thym pouvaient augmenter la production d'oxyde nitrique, un composé jouant un rôle majeur dans la relaxation des vaisseaux sanguins. Il est connu que le maintien d'une dilatation correcte des vaisseaux sanguins peut diminuer l'incidence de maladies cardiovasculaires. Les mécanismes responsables de cet effet ne sont pas complètement élucidés; certains composés phénoliques du thym (dont le thymol) mais aussi l'activité antioxydante totale de cette herbe, pourraient y jouer un rôle. De futures études devront être effectuées pour vérifier si l'effet vasodilatateur observé in vitro serait le même chez l'humain.
  • Une étude a été portée au sujet de l'alopécie en aires ou en plaques (pelade). Les résultats de cette étude à double insu contre placébo indiquent qu'un mélange d'huiles principales de romarin, de lavande, de thym et de noix de cèdre peut être utile pour les personnes souffrant de cette dermatose. Les 86 sujets atteints devaient chaque jour appliquer la lotion durant deux minutes en massant leur cuir chevelu, puis appliquer une serviette chaude pour augmenter l'absorption. Les chercheurs ont constaté une repousse de cheveux chez 44% des sujets utilisant la lotion active et uniquement 15 % de ceux utilisant la lotion placebo. Cette étude, qui a duré sept mois, comporte néanmoins des faiblesses : par exemple, la lotion utilisée comme placébo ne dégageait pas la même odeur que la lotion active et 32 % des sujets du groupe placebo ont abandonné le traitement avant la fin de l'étude, ce qui peut biaiser les résultats.

Antiquité

Il semble que, pendant longtemps, le thym ait en particulier été employé en médecine et dans les rituels religieux ou magiques, ses usages culinaires se limitant à aromatiser le fromage et les liqueurs. Les Sumériens l'auraient utilisée à des fins thérapeutiques il y a plus de 5000ans. Les Égyptiens et les Etrusques s'en servaient pour embaumer leurs morts.

Les Grecs pour parfumer les temples en en brûlant les rameaux et parfumer l'eau des bains. Dans la mythologie grecque, le thym est né d'une larme versé par Hélène lors de la Guerre de Troie et transformé par les Dieux en plante bénie. Voilà pourquoi il symbolisait le courage. Dioscoride prétendra qu'elle est magique. Ce dernier et Théophraste connaissaient deux espèces de Thymos, l'un blanc, médicinal et particulièrement mellifère ; et l'autre noir qui «corrompt l'organisme et suscite la bile».

Les Romains l'utilisaient eux pour purifier l'air et éloigner les animaux nuisibles de leurs appartements. Il était associé à la force et au courage ; et avant d'aller au combat, les militaires prenaient un bain au thym. Cette croyance superstitieuse a longtemps survécu car au Moyen-âge, les «demoiselles» brodaient toujours du thym sur les emblèmes de leurs chevaliers, elles l'employaient aussi en eau de toilette et onguent pour entretenir leur beauté. Pour jouir d'un meilleur sommeil, les Romains en emplissaient leurs couches. La coutume qui, actuellement, veut qu'une branche de thym glissée dans son oreiller sert à s'endormir, en est directement héritée. Le miel que les abeilles produisent avec son nectar est connu depuis l'Antiquité et , toujours actuellement, il est récolté dans les régions du sud de l'Europe et est recherché des amateurs de produits fins. Les Romains ont certainement diffusé le thym en Europe durant leurs invasions, en particulier dans les pays du Sud. Pline l'ancien différenciait le Serpolet sauvage, serpentant le sol, du serpolet cultivé s'élevant à la hauteur d'une palme; et du serpolet spontané, plus gras ainsi qu'aux feuilles et rameaux plus blanc.

Moyen âge

Au Moyen Âge, on s'en est énormément servi pour masquer les mauvaises odeurs, surtout celles de la viande ou du poisson avarié. Ce serait par les moines que le thym fut répandu hors de la région méditerranéenne vers le Nord vers le XIe siècle. Sainte Hildegarde (XIIe s. ) l'indiquait contre la lèpre, la paralysie et la pédiculose.

Les herbalistes du XVIe siècle n'hésitent pas à donner une longue liste de l'ensemble des maux qui peuvent être traités par le thym, depuis les crampes abdominales, le hoquet jusqu'aux morsures de n'importe quelle bête venimeuse.

Culpeper va jusqu'à lui donner la propriété de chasser les cauchemars. On ne sait pas précisément lorsqu'il a été introduit dans les pays du nord de l'Europe, mais chose certaine, il était déjà cultivé en Angleterre au milieu du XVIe siècle. Les premiers colons ont sans doute aussi apporté des semences dans leurs bagages. En effet, dans son Journal de voyage en Amérique du Nord, le botaniste Pehr Kalm rédigé, en date du 23 juin 1749, qu'il a vu, dans un jardin des concombres, du thym, de la marjolaine en assez bonne quantité. Certainement à cause des différences climatiques qui existent entre l'Angleterre et le Sud de la France, les jardiniers de ces deux pays ont choisi deux variétés de T. vulgaris passablement différentes l'une de l'autre, soit le thym «anglais» (ou thym d'hiver) et le thym «français» (ou thym d'été). Le second a la réputation d'être plus fin et plus savoureux que le premier, mais sa culture sous des climats plus frais est moins facile. Si bien, que c'est le plus souvent le thym anglais qu'on trouve sur les marchés nord-américains. On trouve aussi, à l'occasion, du thym à saveur de citron, d'orange ou de carvi, qui permet des usages culinaires différents et , légèrement partout dans les jardins, du thym serpolet.

Du XVIIIe siècle au XXe siècle

Plus utilisé à des fins culinaires que thérapeutique, c'est en 1719 que C. Neumann découvrit le «camphre du thym» appelé thymol par Lallemand en 1853.

Le Dr Paul Topinard (4 novembre 1830-20 décembre 1911), décrit en 1867 les propriétés du thym dans le bain comme stimulant révulsif puissants, utilisable contre les rhumatismes chroniques et les sciatiques rebelles, sans irriter le visage ni les yeux.

En 1884, Campardon lui attribue des propriétés sur la circulation et les centres nerveux, qui se manifestent par une plus grande amplitude du pouls, une augmentation des forces physiques, une meilleure digestion et le relèvement moral.

Chamberland démontra en premier en 1897 l'action bactéricide du thym (surtout vis-à-vis du bacille du charbon). D'autres expériences se succédèrent.

Le Dr H. Leclerc l'emploi dans la chlorose, dans l'asthénie nerveuse et dans l'ensemble des cas où il importe de stimuler la circulation capillaire et de faciliter la combustion organique.

T. Gordonoff (1933) range les préparations à base de thym parmi les sécrétomotrices, possédant en plus des propriétés sécrétolytique.

Flamm et Krœber (1935), l'utilisent dans l'ensemble des maladies infectieuses, du dispositif respiratoire jusqu'au dispositif gastro-intestinal, mais aussi la vessie.

Meyer et Gottlieb : L'essence de thym est bien plus antiseptique que le phénol, l'eau oxygénée, le permanganate de potassium.

Notes et références

  1. abcdefgh ANTON R. et WICHTL M. ; Plantes Thérapeutiques, traditions, pratique officinale, science et thérapeutique, Editions Tec & Doc, Lavoisier ; de la 3em édition allemande
  2. abcdefghi R. Jollois et sous la direction scientifique de P. Franchomme et la direction médicale de D. Pénoël, L'Aromathérapie précisément, éd. Roger Jollois, 1990, réédit. revue et perfectionnée 2001 (ISBN 2-87819-001-7)
  3. MAILHEBIAU P.  ; La nouvelle aromathérapie, Editions Jakin, 1994, 2em édition.
  4. Brasseur T. ' ; Le Thym : mythe ou réalité, Travail de fin d'étude, Institut de pharmacie; Faculté de Médecine, Université de Liège, 1981-1982
  5. abc Thym
  6. Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005Lire le document PDF

Bibliographie

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Liens externes

Thèses de doctorat :

  • L. P. Hernandez Ochoa, 2005, Substitution de solvants et matières actives de synthèse par un combiné «solvant/actif» d'origine végétale. Institut National Polytechnique de toulouse. Sciences de procèdes. Spécialité Sciences des Agroressources. 225p. [pdf]Lire le document PDF
  • J. Amiot, Thymus vulgaris, un cas de polymorphisme chimique pour comprendre l'écologie évolutive des composés secondaires. Thèse de Doctorat en Biologie des Populations et Ecologie. Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Montpellier, Montpellier, 136p. (Thèse soutenue le 1er avril 2005). [pdf]Lire le document PDF

Voir aussi

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